Finies les algues multicolores et le confort du climat tropical, on s’en retourne vers la capitale, gigantesque métropole affectueusement surnommée « le frigo » ! Au programme on a sobrement inscrit : du repos, de la culture, de la bonne bouffe et des copains !

Cinq jours où on se laisse tranquillement vivre dans les beaux quartiers de Chico Norte, dans le merveilleux appartement de Lauriane et Clément, nos amis parisiens. On n’en sortira que pour aller acheter du pain aux noix et des viennoiseries chez Carulla, l’équivalent local du Monoprix, soigner les dents de Shank (une opération à 300 euros pour dévitaliser une molaire, paye tes vacances !), ou aller au restaurant avec les copains. D’ailleurs, parlons-en des restos ! On se fait une première soirée chez Andres Carne de Res, LE resto hype de la capitale (qui s’étale sur 4 étages et fait accessoirement boîte de nuit), avec Lauriane, Clément, notre autre ami Adrien et sa femme colombienne Lorena. Et pour l’anniversaire de Shank, on sort même les mariachis, c’est vous dire !

Et en guise d’adieux et de remerciements, on testera le bar-restaurant Nick’s, qui sert… Tenez-vous bien, des planches de brie et de charcuterie !!! Le tout avec une bière locale brassée à Bogota, c’est que du bonheur ! 🙂

Le Museo del Oro

Au sein de la Candelaria, quartier touristique principal de la ville, le Musée de l’Or est l’un des lieux culturels les plus visités de Bogota.

L’exposition permanente y présente toute l’histoire de l’exploitation, du travail et de la signification de l’or dans les civilisations sud-américaines et plus particulièrement à l’échelle du territoire colombien. Une excellente façon de regarder au-delà des frises historiques occident-centrées qu’on a l’habitude de voir : on y apprend donc par exemple que les premières preuves de travaux d’orfèvrerie en Colombie sont aussi anciennes que la fondation de Rome ! On découvre aussi la technique de la « cire perdue », grâce à laquelle les orfèvres de l’époque réussissaient à réaliser des figurines de taille réduite et d’une finesse proprement ahurissante !

Est également expliquée la place prépondérante que prenaient les parures et les objets en or dans la vie quotidienne, les rites religieux. Par exemple, certains groupes d’indigènes s’embarquaient sur des radeaux et célébraient leurs dieux en jetant des joyaux (objets en or, émeraudes) dans le fleuve.
Et surtout, on pose enfin nos yeux embués de larmes sur le poporo d’or dont nous avaient tant parlé nos guides à la Ciudad Perdida : le tout premier objet de la collection, celui par lequel est né le Museo del Oro !

Les fresques de la capitale

Bogota est une ville absolument tentaculaire, qui s’étend sur quasiment 1600 km², soit plus de quinze fois la surface de Paris ! Elle est parcourue par plusieurs autopistas (des autoroutes en gros), avec tout ce que cela comporte de rampes, échangeurs, etc. Et dans ces zones, le moindre centimètre carré de béton a été accaparé par les artistes de rue, à grands coups de fresques bigarrées et de messages politiques. Imaginez un peu le bonheur dans lequel on nage, nous les fans des murs peints dans l’atmosphère policée de Paris !

C’est donc tout naturellement qu’on s’inscrit pour faire un tour street art de 2h autour de la Candelaria. Carlos, notre guide, est obligé de crier, voire d’aboyer pour se faire entendre au-dessus du tumulte de la circulation, mais il connaît très bien son sujet et nous conte nombre d’histoires sur les artistes, leurs motivations, l’histoire de leurs fresques, etc.

On retiendra notamment :

  • cette fresque de Guache, faisant le portrait d’un indigène anonyme, courbé sous le poids de l’occidental/capitaliste qu’il porte sur son dos. Le premier, tenant des oiseaux multicolores au bout de ses rênes, a conservé sa connexion à la nature qui le fait avancer, alors que le second traîne derrière lui les symboles de la destruction de l’environnement.
  • DJ Lu, un artiste emblématique du pays, et l’un des rares à la renommée internationale. Professeur universitaire, il réalise ses fresques masqué pour ne pas être reconnu. Un peu comme Daft Punk, sauf qu’il peint sur des murs au lieu de faire de la musique avec Pharrell… Profondément contestataire, il représente des symboles de la guerre et de la violence : ses pochoirs d’ananas-grenades et de mouches aux ailes armées sont devenus des icônes fortes. Il a aussi réalisé beaucoup de portraits d’individus laissés pour compte par la société, notamment des sans-abri, en référence au scandale retentissant des faux positifs (assassinats de civils et de SDF déguisés en guérilleros par les forces armées pour toucher les primes du gouvernement).
  • Les portraits de femmes indigènes de Carlos Trilleras, saisissants de vérité et de précision, qui illuminent aussi les rues de leurs teintes chatoyantes. Et accessoirement les comptes Instagram des visiteurs de Bogota 😉

Après ces quelques jours de cocon, pas d’autre choix que de se remettre en route ! Prochaine destination : Salento et la région du café, sur la route de Medellin !

Informations pratiques :

  • Dodo : Chez nos copains, ça va être un peu chaud, mais sinon ça se passe dans le quartier de La Candelaria !
  • Manger : Andres DC, resto sur-hype mais sur-cher aussi, à partir de 20 000 COP le plat ! Nick’s pour des planches de fromage et charcuterie de 18 000 à 35 000 COP
  • Tour Street Art : s’inscrire en ligne sur Bogota Graffiti Tour
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