En scout dans le karst de Hpa-An

Ah ces jeunes, faut toujours qu’ils la ramènent avec des mots qui sortent de nulle part ! Encore du verlan ou de l’arabe ou un truc tordu dans ce genre. Mais non enfin, qu’allez-vous chercher là ? On parle juste d’un engin motorisé à deux roues et d’un paysage de cavernes en contexte calcaire. Mais oui…

Jour 1 : ribambelle de grottes

Dans le sud-est du pays, non loin de la Thaïlande, la ville de Hpa-An ferre un certain nombre de touristes dans ses filets. Pas pour la ville en elle-même, loin s’en faut, mais pour ses environs ! Rizières, montagnes, rivières, grottes calcaires, le paysage a beaucoup à offrir… Ainsi donc, une fois arrivés via Bago et digérés les deux bus nocturne et diurne nous ayant amenés jusqu’ici avec Marc et Marie, on loue un destrier à essence et en voiture Simone !

Sur la route de l’est, tout commence par la grotte de Kaw Ka Thaung, qu’on visite à deux pendant que Marc et Marie crèvent non pas une mais DEUX fois ! Mignonne comme tout et ceinte par une procession de dizaines de bouddhas de pierre, elle est fortement aménagée : full carrelage, bougies partout, béton et figurines d’argile sur les parois, LEDs autour des visages des bouddhas, tissus colorés, dur de voir l’espace naturel là-derrière !

On enchaine avec la plus célèbre : la grotte de Saddan, où on est rejoints par nos deux amis. On comprend pourquoi dans la pénombre de l’entrée : des bouddhas couchés aux dimensions monumentales, une hauteur sous plafond de plusieurs dizaines de mètres (au diable la précision, on est l’un comme l’autre infoutus d’estimer une distance !), des couloirs interminables, des parois parsemées de chauves-souris poussant des petits cris aigus, des concrétions calcaires aux formes incongrues… Et tout au bout, une deuxième grotte, plus réduite mais encore gavée de chiroptères, où on suit jusqu’au fond un groupe d’intrépides moinillons. Et entre les deux grottes, un lac ! Hélas, en saison sèche le tour en bateau y est plutôt bref, et coûteux avec ça, autant que l’entrée dans la grotte !

Ensuite, on pique vers l’est vers le mont Zwegabin, point culminant de la région à 343m d’altitude : à son pied méridional se trouvent les jardins de Lumbini, un damier de bouddhas sans fin ! Il y en a des centaines, et ils semblent être tous pareils ! Au-dessus de leurs têtes, la montagne coiffée d’un monastère et d’un énième stupa doré nous fait de l’œil, mais c’est une autre histoire pour un autre jour ! 🙂

Après ça, on effectue un dernier arrêt au monastère de Kyaw Kalat, ce qui se qui se prononce à peu près comme le mot « chocolat ». Enfin, il nous semble. Dans cette région de bizarreries géologiques, on pourrait presque se blaser d’un monastère construit sur une colonne de pierre au milieu d’une plaine bordée de montagnes. Mais bon, quand même.

La journée se termine à l’ouest de la ville, de l’autre côté du fleuve, où une grotte est censée offrir un spectacle de haut vol ! L’entrée est certes devenue payante dans les six derniers mois, mais ça ne retire rien à ce qui nous réserve Dame Nature. Après un petit aller-retour au stupa surplombant le cours d’eau et offrant une jolie vue sur le pont, on se poste à l’entrée de la grotte, et on laisse la biodiversité nous régaler.

Aux alentours de 18h20, quelques chauves-souris passent le seuil de la grotte. D’abord quelques dizaines, puis d’autres, puis encore d’autres qui deviennent des centaines, des milliers, et même des centaines de milliers ! On exagère à peine : ce phénomène, commun chez les petits mammifères volants, est appelé « swarming », et il n’est pas rare d’observer plusieurs millions d’individus. En ce qui nous concerne, ça pourrait bien être possible, car pendant une demi-heure, la grotte libère un flot ininterrompu de chiroptères ! Dans le silence vespéral, on entend le battements de leurs petites ailes, l’odeur de guano nous heurte de plein fouet, et au loin on voit le flot danser et se décomposer en volutes, c’est impressionnant ! Simplement, dommage qu’un local soit venu près de nous pour tambouriner sur un jerrican avec un bâton. Dérangement ? Prévention ? Spectacle ? On ne sait pas…

Saupoudrez cette belle journée avec un gros dîner thaï arrosé de larmes pour faire nos adieux à Marc et Marie, avec qui on était bien bien bien pendant 3 semaines, et vous avez des gens qui voient venir leur lit avec soulagement ! 🙂

Jour 2 : en route vers les sommets !

Le deuxième jour est plus calme. Il est évidemment hors de question de se séparer de notre scooter, mais on s’accorde la matinée, juste comme ça ! Et ensuite, on retourne à l’ouest pour visiter deux autres grottes célèbres : Kaw Goone et Ya Thay Pyan. La première est la plus chère de la région, mais hélas pas la plus belle, ni même la plus grande. On y retrouve toujours les sempiternels bouddhas couchés, les innombrables figurines collées aux parois, et les touristes locaux qui ne ratent jamais une occasion de faire un petit selfie ! Mêmes les moines 🙂

Dans la grotte de Ya Thay Pyan, plus grande, plus intéressante mais gratuite (allez comprendre), on se balade dans le noir, entre les formations calcaires toujours aussi imposantes, les stupas et les statues de guerriers. Un couloir traverse même la montagne de part en part et débouche sur une plaine de l’autre côté !

Comme on a adoré le resto thaï et que la fin du voyage approche, on s’accorde une deuxième folie en deux jours et on retourne manger du poulet à la noix de cajou ! Et c’est avec la peau du ventre bien tendue qu’on reprend la route pour aller au mont Zwegabin. Vous allez dire que c’est pas bien grave d’être plein comme une barrique quand on fait du scooter, et vous avez raison. Sauf que dans la foulée, on fait l’ascension dudit mont dans l’objectif de dormir au sommet, dans le monastère !

Alors on retraverse les jardins de Lumbini, et on se lance ! Le début est loin d’être facile : les marches de béton font un mètre de haut en moyenne, il fait encore sacrément chaud, notre estomac ne comprend pas pourquoi on l’emmerde comme ça alors qu’il est en plein travail, et surtout on décide de filer un coup de main aux travailleurs du monastère en se trimbalant chacun une brique au bout d’une ficelle ! Alors évidemment, on se crame très vite, la sueur coule à grosses gouttes, et pendant ce temps l’heure tourne !

On croise quelques touristes qui descendent et quelques singes au regard presque menaçant qui fourragent dans les ordures jonchant le bord des escaliers, et en toute fin d’après-midi, on arrive au sommet ! Seul problème : pour des raisons de sécurité, les moines refusent de nous laisser dormir en haut ! Il y a deux mois, c’était encore possible, les boules !

Alors on se repose un peu au pied du stupa, on regarde le soleil se « coucher » derrière la chape de poussière, on remet les chaussures et on redescend fissa ! Comme on l’a appris maintes et maintes fois dans la dernière année, la descente c’est facile, mais les genoux sont souvent de mauvaise humeur ! D’autant plus qu’on se hâte un peu, ce qui ne nous empêche pourtant pas de descendre les dernières marches dans l’obscurité la plus totale.

Un dîner léger dans notre gargote attitrée, et hop, la dernière nuit en Birmanie ! Demain, on quitte le pays et on commence officiellement à terminer le voyage !

Informations pratiques

  • Dodo : Than Lwin Pyar Guesthouse, tout en violet ! 16 000 kyats en chambre double, sdb partagée, clim.
  • Manger : entre le Galaxy Motel et la mosquée, deux gargotes côte à côte, Sunshine et Golden Gate, vous serviront respectivement petits déjeuners entièrement frits, nouilles, salades de tomates, et jus de fruits, glaces. Le tout à petit prix bien entendu. En dehors de la ville, le Thaï Village est plus cher, mais excellent, plats à 3000 kyats.
  • Sorties : location de scooter à la guesthouse à partir de 7000 kyats la journée. Entrée dans les grottes soit gratuite, soit autour de 1000 kyats par personne, sauf Kaw Goone à 3000 kyats.

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