Sauts de puce dans la Société

D’une Polynésie à l’autre… Si notre grand retour en territoire français se fait un peu dans la douleur (vol retardé de 4h, décollage de Rapa Nui à 3h30 du matin, atterrissage à Tahiti à 4h), les doux noms polynésiens des îles inscrites à notre programme illuminent à eux seuls nos esprits de folles promesses ! Cinq archipels, plus d’une centaine d’îles au total, du blanc, du bleu, du turquoise, du vert, des paradis sur terre et sur mer… Et tout ça n’attend que nous !

Tahiti, la mégalopole

À l’est de l’archipel de la Société, le centre névralgique de la Polynésie française, se trouve l’île de Tahiti. À ce simple nom sont associés nombre de fantasmes d’exotisme, à grands coups de sable blanc, de perles, de cocotiers, de lagons, de luxe et de voyages de noces.

Mais en général, la ville de Papeete est là pour faire déchanter ceux qui rêveraient un peu trop fort. Assez dénuée de charme, elle ne serait en outre pas dotée des hôtels les plus confortables. MAIS TOUT ÇA NE NOUS CONCERNE PAS (rire diabolique) !!! Forts du voyage professionnel de Shank en 2015 (ah le veinard/le bâtard !), on a été hébergés par Fred, un collègue botaniste, et sa compagne Céline ! Un gros big up en leur direction, car c’était une semaine de pure régalade. Dire qu’ils ont été adorables relève d’un intolérable euphémisme. Non contents de nous nourrir et de nous faire retrouver les joies des apéros entre amis, ils nous ont également offert nos moyens de locomotion pour la semaine ! Et hop, re-big up !

C’est donc au volant de leur voiture que nous sommes partis explorer la plus grande île de Polynésie française. Jusqu’au bout des routes desservant Tahiti Iti, la presqu’île, nous conduisîmes. Au nord, on est allés se prélasser sur les jolies plages de sable noir de Tautira, à profiter des magnifiques vues sur les vertes montagnes de la presqu’île et à observer les rameurs de va’a revenir de l’entraînement dans leurs fameuses pirogues à balancier.

Au sud, on a voulu aller voir la vague la plus célèbre et la plus dangereuse du monde à Teahupoo. Hélas, ce jour-là, point de compétition, point de surfeurs, mais une belle vague en béton quand même ! 🙂

Au niveau de l’isthme et de la ville de Taravao, on est montés au belvédère à travers des vertes prairies parsemées de paisibles vaches. Un vrai décor normand, en plein milieu du Pacifique, incroyable !

On est allés faire plus ample connaissance avec l’histoire et la culture polynésiennes au musée de Tahiti et des îles : un peu vieillot mais plein d’objets et de récits intéressants !

Mais surtout, on a versé de chaudes larmes : de bonheur d’abord, en pénétrant dans les Super U et autres Carrefour, où on a retrouvé CES PRODUITS QUI NOUS MANQUENT TANT ! (NOUS MANQUENT TAN-AN-ANT) Pardon, c’est l’émotion. De dépit ensuite, en voyant les prix. Prix qui ne nous ont que temporairement empêchés de nous faire kiffer, il faut bien le signaler 🙂

Et enfin, on a laissé une autre chance à la ville de Papeete, qui a tout de même trouvé le moyen de nous séduire. En même temps on est pas bien difficiles : quelques plats de poisson frais aux roulottes de la place Vaiete, quelques sublimes fresques de street art réalisées à l’occasion du festival annuel Ono’U, et puis quelques unes de plus dans le musée dédié… Et hop, vous nous aurez dans la poche !

En bref, mauruuru roa Tahiti, tu nous as bien fait kiffer, alors on reviendra, c’est promis ! 🙂

Informations pratiques

  • Dodo : nous on était logés, mais a priori il existe des pensions familiales, et un hostel vient d’ouvrir !
  • Manger : aux roulottes on recommande l’Estanco et son excellent chaud-froid aux 13 épices (2100 XPF), ou bien le ma’a Tahiti (à partager !) de la roulotte noire (2200 XPF). Sinon les soirées tartes flambées – bière du Café Verde sont efficaces !
  • Sorties : Musée de Tahiti et des îles (800 XPF l’entrée pour l’expo permanente, 1000 avec l’expo temporaire) ; Musée du Street Art (800 XPF avec la visite guidée, qu’on recommande chaudement !)

Moorea, la carte postale

Quand on pense « Polynésie française », c’est plutôt des paysages à la Moorea qu’on a en tête. Des plages de sable blanc, un lagon turquoise, une île verte, et les bungalows sur pilotis du Sofitel, du Hilton ou de l’Intercontinental… Moorea c’est l’île voisine de Tahiti, là où locaux et touristes de passage viennent chercher un peu de paradis.

Pour nous, ça aura été la crème chantilly et le sucre multicolore sur la grosse tranche de régalade qu’on nous avait servie à Tahiti. Chez Fred et Céline, on a fait la connaissance de Lise, prof d’arts plastiques sur Moorea, qui nous a très gentiment hébergés chez elle, à deux pas de la plage, pendant deux nuits. Bim, un big up de plus. Une première soirée parfaitement délicieuse à dîner sur la plage déserte au coin d’un feu et sous la lumière intense de la pleine lune, et boum ! Comme on kiffe pas du tout assez, Lise nous fait enchainer le lendemain avec une journée sur le voilier de Paul et Suzanne, couple d’amis également installés sur Moorea.

Et alors là, allons-y gaiement : un cours de navigation vers Tahiti pour Shank, un déjeuner de l’espace intersidéral préparé par Suzanne et dégusté au mouillage dans le lagon aux couleurs surréalistes, de la baignade, du snorkeling, des initiations au paddle et un dernier apéro dans la marina à la nuit tombée.

WESH y a moyen de se mettre un peu moins bien, ou il va falloir continuer à enquiller dinguerie sur dinguerie avec des gens adorables jusqu’à la fin du voyage ?!

Bref, mauruuru roa Lise, Paul et Suzanne, vous avez maintenu le rythme de kif perpétuel, on reviendra aussi, c’est promis ! 🙂

Deuxième et dernière journée, on va quand même aller visiter un peu : alors on enfourche le Vespa de Céline, et on fait le tour de l’île ! Comme celui-ci est un peu caractériel et qu’on doit à chaque fois le redémarrer au kick, on essaye de limiter les arrêts. (Par contre, Shank a maintenant une cuisse droite en acier trempé !)

On suit la Route des Ananas à travers les champs… d’ananas, vers le belvédère, d’où on a une vue imprenable sur les deux longues baies de Moorea : Cook et Opunohu.

De là, on redescend dans la baie d’Opunohu, et on remonte au Tropical Garden, sur la pente du mont Rotui, un petit établissement super sympa où déguster un jus de fruits frais et goûter les confitures maison en admirant la magnifique vue sur la baie !

Pour terminer, toute la face ouest et sud de l’île semble plus sauvage et plus calme. On y admire l’église Notre Dame de Haapiti, immaculée, bordée de rouge et adossée à la forêt luxuriante ! Encore une fois, entre jungle et océan, on apprécie beaucoup parcourir cette route dans la lumière rasante du soir 🙂

Informations pratiques

  • Manger : jus (500 XPF) et ma’a typique (2000 XPF, seulement vendredi et samedi) du Tropical Garden.

Maupiti, le paradis à échelle humaine

TOP DÉPART ! C’est le début de la tournée des îles ! initialement on ne devait voir que l’archipel des Tuamotu, mais on nous avait tant vanté Maupiti la belle qu’on a décidé de faire un piti crochet !

Et effectivement, aussitôt posés sur cette piste d’atterrissage certainement bien trop courte par rapport à la réglementation en vigueur, on découvre ces trois collines vertes qui s’élèvent au milieu d’un lagon bleu de toute beauté entouré de quelques motu, et c’est le coup de foudre !

On pose notre tente chez Tehei et Cliff, un adorable couple de Maupitiens qui tient une pension sur l’île principale. Bien installés sous un arbre, à quelques mètres du lagon, un plateau de mangues fraîches nous attend dans la cuisine, c’est que ça ressemblerait fort à un petit éden tout ça…

Ces excellents débuts se poursuivent à la plage publique de Tereia le premier soir, où on va à pied en marchant dans le lagon ! Et si on veut rejoindre le motu Auira juste en face, c’est possible, on n’aura de l’eau que jusqu’à la taille !

Le lendemain, opération randonnée, la première depuis un petit moment ! Enfin après faut pas trop s’exciter non plus : 3km de marche le long de la route (soit un tiers du tour complet de l’île !), puis une montée d’une heure et demie vers le sommet du mont Teurafaatui. En milieu de matinée, il fait déjà chaud, et mine de rien c’est un peu raide ! Les derniers tronçons se font même à la corde entre les rochers !

Mais en haut, mes aïeux quel spectacle ! Une vue panoramique sur le lagon, le mariage parfait du turquoise et du bleu, des alvéoles de corail, et à nos pieds, ces mêmes pentes abruptes recouvertes d’une épaisse végétation. C’est parfaitement superbe, et au cas où vous vous demandiez, oui on est toujours en train de kiffer ! Rajoutez à ça un carpaccio de thon rouge exquis pour le déjeuner, et vous avez deux randonneurs comblés !

Mais fort heureusement, ça ne s’arrêtera pas là ! À seulement quelques jours des Tuamotu, il serait de bon ton de retrouver un peu de sensations en milieu sous-marin. C’est pourquoi on ne tergiverse pas plus longtemps à réserver deux plongées avec Nelly et Yannick, qui tiennent le club de plongée local. Si la première à l’extérieur du récif ne nous transporte pas plus que ça (coraux dégradés, peu de faune), la deuxième est un enchantement total. Dans le lagon, à environ 8m de profondeur, se trouvent quelques ensembles coralliens (dans le milieu on appelle ça des « patates ») où les raies manta viennent se faire nettoyer. Le programme est simple : on se met à genoux sur le fond et on les attend. Et quand elles arrivent, nom d’un rémora, on en prend plein les masques ! Les gargantuesques chondrichtyens (4,50m d’envergure pour la plus grande femelle) tournoient majestueusement autour du corail… Et donc de nous ! Après quelques passages, on apprend à mieux retenir nos bulles à leur arrivée, et toutes curieuses qu’elles sont, elles s’approchent à un ou deux mètres à peine !! Le tout en super slo-mo évidemment, de manière à ce qu’on en profite un max !

Au final, à rester immobile à faible profondeur, on peut faire une plongée de quasi une heure et demie, ce qui n’est pas de trop pour s’émerveiller devant ces gigantesques répliques animales des croiseurs de Star Wars. Superbes retrouvailles avec le milieu sous-marin, on sourit tellement qu’on finit par en choper des crampes !

En soirée, tous réunis autour de la table du dîner, Tehei et Cliff nous font goûter leurs excellents beignets de poisson, et plus tard nous interprètent des chants polynésiens… et la BO de Moana ! Aue aueeeee 🙂

En bref, mauruuru roa Maupiti la belle, tu as fait une entrée fracassante dans notre vie, on ne t’oubliera jamais, et sans doute même qu’on reviendra 🙂

Informations pratiques

  • Dodo : pension Teheimana, 2000 XPF en camping à 10m du lagon (inclut le transfert terrestre vers l’embarcadère mais pas le bateau vers l’aéroport, compter 500 XPF par personne). Mangues à volonté et possibilité de squatter les repas si vous prévenez Tehei.
  • Manger : l’excellent snack Tarona propose des plats autour de 1200-1500 XPF et des grandes bouteilles de citronnade à 400 XPF.
  • Sorties : plongées avec Maupiti Diving, 7000 XPF le tank.

Raiatea et Bora-Bora, le coup de vent

Sur la route des Tuamotu, il nous a fallu passer par les îles de Raiatea et Bora. Hé oui, l’avion est un mammifère capricieux, auquel on ne peut pas toujours imposer le trajet qu’on a en tête…

Du coup, on a une petite journée à passer à Raiatea entre deux avions, de 9h à 15h pour être précis. Pas beaucoup de temps pour explorer cette grande île, mais suffisant pour faire une petite randonnée à proximité d’Uturoa, la ville principale de Raiatea. On se lance donc à l’assaut du mont Tapioi, hérissé des premières antennes radio ayant permis de connecter l’île avec Tahiti. Le soleil de fin de matinée tape déjà fort et c’est encore une fois une belle suée. Mais arrivés en haut, on jouit d’une bien belle vue sur le lagon que Raiatea partage avec Tahaa, l’île à la vanille !

Sinon, malheureusement pas grand chose de plus à retenir de ce passage express. Pas le temps d’aller visiter le célèbre marae de Taputapuatea, qui était à une époque un lieu de pèlerinage pour tous les polynésiens du Pacifique, des hawaïens aux néo-zélandais, et qui a valu à Raiatea son surnom « la Sacrée ». En revanche, on découvre avec plaisir de nouvelles fresques de street art, dont une superbe de Seth, notre artiste préféré ! Et on mange des pains au chocolat dans une VRAIE pâtisserie française 🙂

Et en moins de temps qu’il ne faut pour dire Taputapuatea (une à deux bonnes minutes en général), on est repartis vers Bora. Et dès notre arrivée on apprend un tour de magie : pour se débarrasser des blancs (les popa’a comme on dit), il faut monter dans le bateau qui dessert l’île principale. Et POUF, plus personne ! Bon, il ne faut jamais expliquer un tour mais tant pis : les hôtels de luxe sont sur les motu ceignant le lagon… Voilà.

Nous ne passons qu’une journée complète sur Bora, mais le temps sera trop mauvais pour faire une sortie sur le lagon. Heureusement, on trouvera quand même le soleil à l’intérieur : Rosina et Samuel (alias Mamie et Papy) nous ont accueillis comme des princes dans leur pension.

Ils nous ont offert à dîner, ils nous ont conté l’histoire de leur famille, longue et mouvementée, Rosina nous a emmenés faire le tour de l’île en voiture, et on nous a servis un petit déjeuner pantagruélique le dernier jour ! Un excellent séjour en compagnie de leur grande famille, avec qui on a aussi retrouvé les joies des soirées télé, à base de The Voice et de Stars sous Hypnose 🙂

En bref et au risque de nous répéter, mauruuru roa Mamie et Papy, vous avez sauvé notre journée à Bora du mauvais temps, et si on peut, on reviendra vous voir !

Informations pratiques

  • Dodo : pension Chez Rosina à Bora Bora, sur l’île principale, 7000 XPF en chambre double, sdb partagée, cuisine. Il y a des chances pour que Rosina et/ou sa famille vous offre un/des repas 🙂
  • Manger : à Raiatea, boulangerie/pâtisserie Bon Apetahi pour quelques bouchées de douce France 🙂 À Bora Bora, snack Chez Claude, sur la pointe Matira, plats autour de 1500 XPF.
  • Sorties : tour du lagon à la journée chez Nono, on n’a pas eu la chance de le faire mais c’est dans les 9500 XPF par personne, déjeuner et transport inclus (éventuellement moins si vous venez de la part de Rosina).

Un Commentaire

  1. Retour PingPolynésie française : on fait le bilan ! - Les Butineurs Libres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *