ET VOILÀ ! Après 9 mois et 10 jours de vadrouille sur le continent américain, une page se tourne, clôturant le plus gros chapitre de notre voyage… Après avoir été accueillis comme des seigneurs par nos amis Emilie et Sébastien dans leur résidence de Santiago, nous nous envolons vers l’extrémité orientale du triangle polynésien, l’île de Rapa Nui (encore appelée île de Pâques par les infâmes colons impérialistes et sanguinaires) !

Orongo et les hommes-oiseaux

À l’extrémité sud-ouest de l’île se trouve le volcan Rano Kau, culminant à plus de 300m d’altitude, prenez le masque à oxygène !

Le cratère du volcan est accessible à pied par un petit sentier, depuis lequel on jouit d’une belle vue sur Hanga Roa, la seule ville de ce petit bout de terre. Globalement, la montée est assez easy, mais dès le matin ça bastonne ! Une heure et demie de marche et déjà une belle suée, c’est qu’on est plus habitués à autant de soleil nous ! 🙂

Le volcan, empli d’une petite zone humide, est absolument magnifique : des taches bleues criblent le plancher tapissé d’herbes aquatiques jaunes, et un pan entier du cratère s’est effondré, laissant voir cet immense océan qui semble s’étendre à l’infini.

Mais sur le volcan se trouve aussi le village Orongo, un lieu incontournable pour la société Rapa Nui : chaque année s’y tenait la cérémonie de tangata manu (homme-oiseau). Les chefs de clan ou leurs représentants devaient descendre de la falaise à mains nues, puis nager 1.5km jusqu’au Motu Nui (« Grand Îlot »), où ils attendaient pendant des jours (parfois des semaines !) l’arrivée des manutara (sternes fuligineuses). Leur objectif était de récupérer le premier œuf et de le ramener intact sur Rapa Nui. Célébration du Dieu Make-Make et de la fertilité, c’était aussi un moyen pour un clan de se saisir du pouvoir politique et religieux sur l’île. Autant dire que ce n’était pas une simple compétition sportive, avec des fanions colorés, des chants de supporters, une petite buvette et des knacks, c’était un véritable combat A MORT ! Non ce n’est pas une blague.

Tout ceci est fort bien présenté et raconté au sommet du volcan, où on visite le village cérémonial d’Orongo : maisons de pierre, terrasses, carrières pour l’extraction de la roche, site sacrés à pétroglyphes, et une vue imprenable sur le Motu Nui, site de ponte des sternes tant attendues…

Au centre : Akivi et Puna Pau

Accessibles à pied ou en voiture, les deux sites du milieu de l’île ont chacun leur petite particularité.

Ahu Akivi est un site cérémonial doté de 7 moais égaux faisant, une fois n’est pas coutume, FACE à la mer. Sans doute en hommage à Calogero, mais les spécialistes s’interrogent encore… Plus plausible, les moais feraient face à un village situé entre eux et la mer, mais encore une fois ce n’est qu’une hypothèse. C’est aussi le point de départ du sentier qui gravit le volcan Terevaka, et potentiellement un bel endroit pour le coucher de soleil.

Puna Pau, c’est un petit site qu’on a visité avec les copains Flo et Antoine, arrivés en même temps que nous sur l’île. Dans cet adorable jouet pour adultes qu’est la Suzuki Jimmy, on ne s’est pas privés pour avaler du kilomètre, sachez-le !

Puna Pau donc, c’est une carrière, et pas n’importe laquelle : une carrière de roche volcanique rougeâtre, que les Rapa Nui exploitaient pour fabriquer les pukao, ces hauts couvre-chefs encore intacts sur certains moais. Encore une fois, les spéculations vont bon train sur la nature et l’assemblage de ces pukao : chapeaux ou coiffes ? Fixation avant ou après soulèvement du moai ? Encore plus d’interrogations sur ces personnages déjà si mystérieux… Quoi qu’il en soit, c’est un bien bel endroit à aller voir dans la lumière rasante du soir !

De Tahai à Anakena : promenade autour du Terevaka

Le Terevaka, c’est le plus haut volcan de l’île : 507m, attention ça décoiffe ! On s’y est attaqué avec les copains Elise et Tom qui ne sont jamais bien loin, ainsi que Wafa et Bertrand, qui font le tour du monde dans l’autre sens ! On a lancé l’assaut depuis Akivi, ce qui laisse une petite montée doucette d’une heure et demie. Pour nous qui sommes récemment passés Randonneurs Niveau 3, c’est du gâteau ! Surtout que la vue sur le reste de l’île est super : en se positionnant adroitement, on peut quasiment tout voir, de l’Orongo au volcan Poike ! Au final, le plus dur sera peut-être de trouver LE point culminant, le Terevaka ressemblant plus à un ensemble de collines qu’à un volcan bien défini.

Mais pas aussi dur que de faire une photo synchronisée à 6, ça c’est certain !

Maizenfin sachez qu’on peut aussi en faire le tour par l’ouest et le nord, même si on vous dit que c’est pas possible ! Tout commence sur le site Ahu Tahai, le spot le plus populaire de l’île pour admirer le coucher de soleil, un endroit où on a passé toutes nos soirées à la recherche du parfait crépuscule !

Galvanisés par le frisson de l’interdit, on se lance avec les potos Elise et Tom à la recherche de trésors archéologiques cachés ! Première étape : la belle caverne Ana Kakenga (encore appelée Cueva de las dos Ventanas, la grotte aux deux fenêtres) et ses deux boyaux débouchant sur une falaise façon Comte de Monte-Cristo !

Le sentier censé être impraticable existe encore bel et bien par endroits, et de toute façon, y a qu’à longer la mer : on marche sur une pierre ronde, ce serait bien le diable si on se perdait !

Sauf que tous les petits moais dessinés sur la carte ne représentent pas forcément des moais dans la vraie vie : bien souvent, ce ne sont « que » des ahu, des sites cérémoniaux, souvent en piètre état. Seuls un ou deux moais couchés au sol marquent cette longue promenade. À part ça, un soleil écrasant, quelques troupeaux de vaches et de chevaux, et une microscopique bicoque au bord de la mer, sous les pentes du volcan… Autant dire qu’on comprend mieux pourquoi personne ne va de ce côté de l’île 🙂

Au final, on sera quand même récompensés par une vue sublime de la plage de sable blanc, au bout d’une tache turquoise s’étendant dans la baie d’Anakena !

Informations pratiques île de Pâques

  • Dodo : Tipanie Moana, 6000 pesos par personne en camping, 7000 si vous louez une tente, 12 500 en chambre privée. Sdb partagées, cuisine propres et très bien tenues.
  • Manger : empanadas de thon-fromage à 3500 pesos chez Pahi-Pahi ou chez Tia Berta (incroyable). Sinon les ceviches et poissons frits de Tia Sonia (12 000 et 7000 pesos respectivement) et Chez Ramon (10 000 et 6000 pesos respectivement) sont excellents !
  • Sorties : le camping offre des tarifs préférentiels sur la location de voiture chez Insular (35 000 pesos par jour au lieu de 50 000 pour un 4×4 trois portes) et le spectacle de danse traditionnelle Kari Kari (10 000 au lieu de 20 000).
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