Débuts difficiles au Myanmar : Yangon et Bagan

On entend déjà les grincements de dents et les exclamations indignées de l’autre côté des écrans : « Quoi ? Comment ? Difficile ? Mais la Birmanie, ça a l’air super, c’est un pays en plein éveil ! Et puis de quoi vous vous plaignez d’abord, vous êtes en vacances ! » Alors déjà, vous allez commencer par vous calmer, et ensuite vous allez lire ces quelques explications. Ça va bien maintenant.

Yangon, la fausse capitale

Quatre millions d’habitants, au moins autant de voitures, des échelles dilatées et une chaleur écrasante… Non, on n’était pas enchantés à l’idée de passer par Yangon, plus grande ville du Myanmar, mais destituée de son rang de capitale au profit de l’anonyme Naypyidaw. Encore moins enchantés on était lorsqu’on a appris qu’on resterait bloqués deux jours à cause du début de Thingyan, le nouvel an birman.

Ceci étant, plusieurs blogs présentaient Yangon comme une ville sympa, une « capitale » pas comme les autres. Pas optimistes pour un kyat, on s’est dit qu’on pourrait quand même laisser une chance à cette monstrueuse mégalopole. On a bien un peu rechigné, mais on a rassemblé nos forces, lacé nos chaussures et on est sortis. Genre, dehors. Tête la première dans l’hostilité et l’agitation inhérentes aux villes de grande taille.

Si les auteurs desdits blogs nous lisent, on est navrés de vous décevoir, mais pour nous Yangon est bel et bien une grande ville comme les autres, et on a pas aimé ça. Comme à Penang, la chaleur est décuplée par les innombrables engins motorisés qui se chicanent en klaxonnant frénétiquement dans les artères bouchées de la fourmilière. Au moyen d’un petit circuit des familles, on est allés voir monuments et marchés pour s’imprégner de l’atmosphère locale. À travers le temple hindou Sri Kaali, fortement décoré, le marché indien, la pagode Bo Tha Taung et la superbe église catholique Sainte Marie jusqu’au parc Bogyoke, on subit la chaleur et le vacarme ambiant, qu’il soit le fait des véhicules ou des corneilles.

En fin d’après-midi, on rejoint le haut lieu de la ville : la magnifique et imposante pagode Shwedagon, son immense stupa doré et ses innombrables temples. Un lieu superbe, dont on peut faire le tour cent fois et quand même découvrir quelque chose de nouveau à la cent unième.

Pieds nus sur le carrelage, on déambule tranquillement en compagnie d’une foule de touristes blancs et de moines à iPhones alors que le jour touche à sa fin.

Bon voilà, au final on n’était pas pleinement satisfaits de ce séjour, mais c’était quand même une première immersion intéressante dans la culture birmane : les birmans ont l’air assez avenants dans l’ensemble, beaucoup d’hommes portent encore le longyi, une longue jupe traditionnelle, les femmes et les enfants sont nombreux à se protéger le visage avec de la poudre de thanakha, et surtout 97% des hommes chiquent de la noix de bétel, occasionnant chicots pourris et molards rougeâtres par millions sur la voie publique… Mais à retenir surtout : notre première séance de cinéma en un an !!! La Belle et la Bête, en 3D et avec du pop corn s’il vous plait ! 🙂

Et le pompon sur l’apothéose, cette rencontre complètement inouïe au terminal de bus : les copains Marc et Marie, rencontrés six mois plus tôt à San Agustin, dans le sud de la Colombie !!! Ben du coup, on se donne rendez-vous à Bagan !

Informations pratiques

  • Dodo : Okinawa Guesthouse, 22 000 kyats en chambre double (négocié à 20 000), sdb partagée, ventilateur, petit déjeuner (bon et copieux) inclus.
  • Manger : Aung Restaurant, à 2min de la guesthouse, cuisine birmane de base pour 2000 kyats le plat. Ingyin New South Indian Foot Centre pour de la bonne cuisine indienne, notamment les masala dosa, autour de 1500 kyats le plat. Et si on veut casser sa tirelire, le Thaï 47 est plus cher, mais très bon : 4000 kyats la salade de papaye, idem pour un pad thaï, plats jusqu’à 8000 kyats.
  • Sorties : entrée à la Shwedagon Paya, 8000 kyats par personne. Et pour les voyageurs en manque de divertissements, séances de cinéma à 3500 kyats par personne sur Sule Pagoda Road !

Bagan, un monument sous la poussière

Tiens donc, ça faisait longtemps qu’on avait pas pris de bus de nuit ! Faut croire qu’on a perdu l’habitude, parce que la nuit a pas été bonne du tout ! La faute à ces insupportables néons vert fluo ultra flash peut-être, braqués dans notre visage toute la nuit…

Dans la plaine de Bagan, où se répartissent plusieurs milliers de temples, le mois d’avril est réputé chaud, TRÈS chaud. Et sec, TRÈS sec. À l’arrivée sur le terrain, on se rend vite compte du caractère infernal de l’endroit, ce qui commande une organisation spécifique de notre temps ! La voici : lever tôt (éventuellement assez tôt pour aller voir le réveil de l’astre solaire tout puissant), bourlingage à scooter dans les temples en matinée, mise à l’abri en milieu de journée pour ne pas périr carbonisés, et re-sortie en fin d’aprem quand il fait moins chaud, éventuellement pour aller observer le coucher du même astre solaire tout puissant.

La plaine est très étendue, et colonisée par l’humain en trois endroits à proximité du fleuve Irawaddy : du nord au sud Nyaung U, Old Bagan et New Bagan. D’emblée, on parvient à séparer les temples en deux catégories : les grands et beaux, blindés de touristes et de vendeurs en tout genre, et les tout petits, non moins beaux, disséminés aux quatre coins de l’étendue sableuse. D’Ananda à Shwesandaw en passant par Minnanthu, Sulamuni ou Dhammayangyi, on passera voir quelques uns des plus gros, tantôt curieux de voir les immenses bouddhas qui siègent à l’intérieur, tantôt rebutés par les foules et les vendeurs.

En définitive, accompagnés de Marc et Marie, on aura tout de même préféré aller se perdre sur les sentiers et voir des petits temples et des monastères abandonnés, quitte à ensabler le scooter ou à enfreindre la loi. Un petit temple abandonné et (a priori) fermé sur le bord de route nous tendait les bras, alors on y est montés, et on s’est dit qu’on reviendrait pour le coucher du soleil. Au final on était pas placés très haut, mais on en était quittes pour le frisson de l’interdit ! Français un jour, français toujours 🙂

Ceci étant, on doit quand même avouer qu’on a été un peu déçus par cet endroit réputé merveilleux. La faute à la saison sèche, pendant laquelle le ciel est perpétuellement voilé par une couche de poussière. À tel point que levers et couchers de soleil en sont grandement impactés : l’astre peinant à émerger, ou bien s’enfonçant rapidement dans une bouillasse opaque et grise bloquant des rayons rasants…

Mais toute cette chaleur à bien été compensée par les festivités de Thingyan, le nouvel an birman, encore appelé Water Festival. Du coup, pas besoin de chercher bien loin pour comprendre ce qui se passe : des seaux, bassines, voire des lances sont armées en bord de route, et les gens (surtout les enfants et les jeunes) arrosent copieusement ceux qui auraient le malheur de passer en scooter ou en pick-up !

Le tout dans la joie et la bonne humeur, mais aussi avec une motivation presque guerrière ! Nous, on n’a évidemment pas fait exception à la règle, en étant même pris dans une embuscade nous obligeant à ralentir l’allure, pour ensuite se faire tremper au seau XXL, ça va de soi !

Et pour boucler ce séjour à Bagan, on a décidé, toujours flanqués de nos copains, de se tenter l’ascension du mont Popa, un volcan éteint situé au sud de la plaine, et près duquel un monastère à été construit au sommet d’une cheminée volcanique ! Sauf que cette petite excursion va vite se transformer en échec retentissant. Malgré un arrêt instructif dans une palmeraie à sucre, les abords du mont et du dick (désolé, ça s’appelle vraiment comme ça) sont noirs de touristes locaux, de vendeurs et de scooters klaxonnant à qui mieux mieux.

On arrive pourtant à se frayer tant bien que mal un chemin vers les escaliers, jonchés de détritus et surveillés par des singes menaçants, pour parvenir au sommet et se rendre compte que la vue alentour est complètement obstruée par la chape de poussière. MA-GNI-FIQUE ! Non vraiment, tous ces efforts, POUR RIEN ! Enfin, Marc et Shank se font quand même quelques copines, on tombe sur Donald Trump (nous avait pas manqué celui-là), et pis on redescend pour reprendre broucouilles le mini-bus vers Nyaung U…

Mais même ce misérable trajet d’une heure, le fatum ne veut pas nous le laisser ! A quelques kilomètres de la ville, deux pompistes parfaitement ineptes réussissent à nous faire un plein de diesel au lieu de l’essence. Cela dit, c’est une recette sans faille pour poireauter une heure dans une station service pendant que les mecs vident le réservoir… sur le béton en pente douce. Bref. Personne n’aurait une clope par hasard ?

Et pour perpétrer la tradition des galères en période de fêtes, pas de bus pour sortir de Bagan avant une semaine ! Reste le train, à voir si ça marche…

Informations pratiques

  • Dodo : Eden Motel 3 à Nyaung U, 22 000 kyats en chambre double (négocié à 20 000), sdb privée, clim, petit déjeuner (bof) inclus.
  • Manger : on trouve de bons currys et nouilles dans les gargotes pour pas cher (1000 à 1500 kyats l’assiette). Sinon le burger de Weatherspoon’s est plus cher, mais très bon (5000 kyats) !
  • Sorties : l’entrée au site de Bagan coûte 25 000 kyats par personne et se paye à l’arrivée en ville. Les guesthouses louent des scooters à partir de 7000 kyats la journée.

2 Commentaires

  1. photos toujours aussi belles sur ce voyage ,mais je sens comme une petite lassitude chez vous avec des mines un peu moins fraîches…je crois qu’il va être temps de rentrer en France non ?…mais vous nous aurez fait rêver durant une année ,et cela c’est très beau.
    Robert

    • Haha, eh oui ! On a été bien trop gâtés en Polynésie, le retour au voyage backpacker itinérant a été un peu rude ! 😉
      Cela va effectivement faire du bien de rentrer, de manger du fromage, d’avoir le choix entre plus de 4 tee-shirts et 2 pantalons ! Enfin tout cela pour mieux repartir un jour évidemment et continuer à vivre le rêve ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *