Le sud et l’est de Rapa Nui : d’Akahanga à Ovahe

Dans ce deuxième épisode de la saga pascuane, encore plus de moais, de volcans et de plages ! Comme sur l’autre côte, on trouve à boire et à manger au sud et à l’est, du site ultra-emblématique à la petite plage confidentielle…

Akahanga : crise de mana

Quand on sillonne les routes de Rapa Nui, on emmène carte, boussole et des vivres, parce qu’on sait jamais où on va tomber ! Quelques kilomètres après la sortie de Hanga Roa par exemple, une traître bifurcation nous amène avec Elise et Tom sur la côte méridionale, celle où ne subsistent que les vestiges d’une bien sombre époque…

Comme l’indique n’importe quelle carte, mais surtout celle que vous emmenez avec vous, cette face de l’île est truffée de moais et de sites cérémoniaux. Mais en arrivant sur place, on réalise de suite que quelque chose ne tourne pas rond. À Akahanga, on rencontre des ahu en plutôt bon état, mais on ne trouve que des moais couchés au sol, face contre terre. Une des hypothèses veut que suite à de longs épisodes de famine, les Rapa Nui, plongés dans un insupportable désarroi, firent chuter les figures de leurs ancêtres, incapables selon eux de les protéger par leur mana, leur esprit intemporel. Une hypothèse alternative serait une guerre clanique, les vainqueurs renversant littéralement les représentants de la tribu vaincue.

Heureusement, il est tout aussi visible que les générations actuelles tentent de passer outre ces funestes jours pour rendre un peu de gaieté au site. La meilleure solution pour y parvenir ? Des chiots pardi ! Comme le jeu télévisé américain !

Rano Raraku, la fabrique à moais

Enfin heureusement, toute cette déprime a une fin ! Un peu plus loin à l’est s’élève le volcan Rano Raraku, celui que nous n’hésiterons pas une seconde à sacrer « Site préféré des Butineurs ». Et pour cause ! Des dizaines de moais, certains parfaitement gigantesques, surpassant largement leurs cousins côtiers, criblent les pentes herbeuses du volcan !

Couchés, dressés, entiers, fracturés, découverts ou à demi enterrés, ils sont partout et dans toutes les positions ! On en retrouve même un aux dimensions monumentales (une vingtaine de mètres de haut au bas mot) encore fiché dans la loge de pierre dont il n’a jamais pu sortir. Drôle d’ambiance que cette grande carrière, comme l’atelier formidable d’un sculpteur dont les créations se seraient échappées au ralenti, certaines déjà pétrifiées dans leur élan vers l’océan…

Et si nous osions, nous jetterions une pierre aux monceaux de touristes huileux, ou plutôt à leurs guides, qui omettent sciemment de mener leur cheptel au cratère. Comme celui du Rano Kau, il est empli d’un étang tout mignon, bordé de plantes aquatiques et de délicieuses pelouses ombragées… Hein ? Un pique-nique ? Mais quelle merveilleuse idée ! En plus on est tous seuls ! 🙂

De l’emblème Tongariki à Ovahe la secrète

Et on garde le plus célèbre pour la fin : le site magnifique où un mec à un jour eu le malheur de faire un sublime time-lapse du lever de soleil. Depuis, pas un touriste ne pose le pied sur l’île sans aller mettre son trépied et son appareil de photo de compétition face aux quinze moais géants de Ahu Tongariki.

Derrière eux s’étend l’océan pacifique, et chaque matin entre 7h30 et 8h, l’astre solaire surgit des eaux, joue à cache-cache avec les statues de pierre et s’élève au firmament. Un superbe spectacle, que nous n’avons manqué sous aucun prétexte dès lors que nous étions motorisés ! Trois matins, avec Flo et Antoine, avec Elise et Tom, passés à disséquer ce paysage en lumière naissante sous tous les angles… Et à faire des time-lapse, on va pas se mentir 🙂

Quelques centaines de mètres plus loin, le volcan Poike s’est érigé en gardien de l’extrémité orientale de l’île. Attention, le gravir est un chouia plus difficile qu’il n’y paraît, mais une forêt miniature au fond de son cratère récompensera ceux qui y seront parvenus. Pas nous, on avait un peu la flemme 🙂

Et quand on parvient sur la côte nord, on passe Te Pito Kura, où un énième moai couché s’avère être le plus grand de tous les temps ! Et juste à côté, des œufs de moai !

C’est une blague hein, c’est juste une boussole que les Rapa Nui ont construite SANS RIEN il y a des centaines d’années !

Et enfin, juste avant Anakena, un petit chemin rocailleux sur la droite nous mène à un parking. On passe la clôture, et là, à l’ombre d’une grande falaise rougeâtre, se trouve Ovahe. Cette minuscule plage de sable blanc et d’eau turquoise est un endroit superbe pour faire un plouf en admirant le grand Poike.

Mais même pendant la baignade, il faut rester attentif car le cordon de sable a une fâcheuse tendance à grandement se réduire à marée haute !

Hanga Roa, la métropole

Mais avec tout ça on en oublierait presque de parler de la zone urbaine ! Hanga Roa a par moments des airs de station balnéaire, avec ses petits restaurants chics faisant face à l’océan, mais quelques petits établissements sont encore capables de faire l’empanada thon-fromage parfaite pour déguster devant le coucher de soleil à Ahu Tahai.

Et en passant, on aurait eu tort de se priver du spectacle de danse de la troupe Kari Kari, parfaitement spectaculaire ! D’autant plus que Shank a été une star l’ombre d’un instant : appelé sur scène par une danseuse et conseillé par le chef de la troupe lui-même, il aura quand même été un peu ridicule et surtout paru bien maigrichon face aux grands et beaux polynésiens pratiquement nus ! Il va sans dire que Laure a apprécié le spectacle…

Et un dernier bon plan pour la route : en ville, juste en face du terrain de foot, une minuscule plage répondant au nom de Pea vous offre un accès miniature à la mer ! Et dans la mer, qu’est-ce qu’on trouve à cet endroit-là ? Des tortues !!!

Informations pratiques île de Pâques

  • Dodo : Tipanie Moana, 6000 pesos par personne en camping, 7000 si vous louez une tente, 12 500 en chambre privée. Sdb partagées, cuisine propres et très bien tenues.
  • Manger : empanadas de thon-fromage à 3500 pesos chez Pahi-Pahi ou chez Tia Berta (incroyable). Sinon les ceviches et poissons frits de Tia Sonia (12 000 et 7000 pesos respectivement) et Chez Ramon (10 000 et 6000 pesos respectivement) sont excellents !
  • Sorties : le camping offre des tarifs préférentiels sur la location de voiture chez Insular (35 000 pesos par jour au lieu de 50 000 pour un 4×4 trois portes) et le spectacle de danse traditionnelle Kari Kari (10 000 au lieu de 20 000).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *