Nord du Pérou : recherche des civilisations perdues

Huaquillas, frontière Équateur-Pérou, le 26 novembre, à 2h du matin. Dans la fraîcheur vivifiante de la nuit, une douzaine de bus s’alignent au dehors des bureaux d’immigration, crachant des troupes de zombies qui se mettent en file indienne, les yeux hagards et le passeport à la main. C’est dans ces conditions idylliques que l’on passe la frontière et qu’on fait notre entrée au Pérou, le 7e pays de la ribambelle… Et que Laure retrouve, au détour de deux cernes, Damien, un camarade de primaire, pas vu depuis 18 ans ! #whaaaaat

Malgré ses mensurations avantageuses, le Pérou est un pays qu’on veut traverser rapidement, car on a en ligne de mire le Chili. Mais on n’a pas voulu faire l’impasse sur le nord pour autant, souvent délaissé par les touristes, mais non moins intéressant que le sud !

Chiclayo et le tombeau du seigneur

Tout commence dans l’infernal désert du nord-ouest, que l’on traverse jusqu’à Chiclayo. Pour reprendre l’expression infiniment juste de Novo Monde, la ville n’est « qu’un tas de béton poussiéreux ». Comme on n’a qu’une grosse demi-journée à y passer entre deux bus de nuit (ah oui on vous a pas dit ? On a enclenché le mode super warrior de l’espace !), on met les bouts vers Lambayeque pour visiter le musée des Tombes Royales de Sipan. Il est aussi possible de visiter le site archéologique originel à Sipan, mais quasi tous les objets ont été rapatriés au musée de Lambayeque, ce qui retire un intérêt certain à l’endroit.

Le musée est donc très fourni et super intéressant : il nous offre une incursion assez complète sur la civilisation précolombienne Mochica, implantée sur une petite zone côtière autour de l’actuel Chiclayo et parfaitement inconnue du grand public ! Ce sont les mochicas qui ont il y a bien longtemps colonisé la désert et élevé les canards qu’on retrouve encore dans les assiettes régionales ! Ils étaient passés maîtres dans l’art de la céramique, érigeaient d’immenses pyramides, et au sein de l’une d’entre elles a été retrouvée l’imposante tombe du seigneur de Sipan.

C’est de ce tombeau qu’ont été extraits un nombre impressionnant d’artefacts : céramiques, bijoux en or et en turquoise, plastrons en coquillage et en métal, vêtements, attributs religieux… La vaste tombe est entièrement reconstituée et on apprend par exemple que le seigneur y avait été enterré en grande pompe avec un porte-étendard, une sentinelle, le gardien de la tombe, trois jeunes filles et un lama ! Et n’oublions pas non plus les innombrables bijoux et offrandes répartis dans des petits vases en céramique !

Dernière chose en passant, c’est aussi l’occasion d’en apprendre beaucoup sur le travail d’archéologue, qui est un vrai travail de fourmi ! Et encore, c’est vraiment pas sympa pour les fourmis ! Disons qu’on comprend bien pourquoi on dit que l’homme reviendra à la poussière, c’est pas jojo tous les jours de faire de l’archéologie !

Un très beau musée donc, où les photos sont malheureusement interdites, mais que l’on recommande chaudement !

Informations pratiques

  • Manger : allez goûter les spécialités régionales à El Pescador, vous aurez le choix entre le arroz con pato (15 soles, une dinguerie) et le ceviche (à partir de 25 soles, pas goûté mais des assiettes qui font rêver) !
  • Sorties : Museo Tumbas Reales de Sipan à Lambayeque (compter 15 min et 1,50 soles pour y aller de Chiclayo), 20 soles l’entrée, 10 en étudiant (niark niark) !

Chachapoyas, au royaume des guerriers du ciel

L’arrivée dans cette ville de montagne n’est guère plus glorieuse que la précédente, d’autant plus qu’en ce dimanche de novembre, on a un peu de mal à trouver un lieu de villégiature ! Mais par contre une fois que c’est fait, on ne bouge plus !
La région de Chachapoyas, au même titre que la majorité du nord péruvien, est gentiment calée en dehors des sentiers battus, mais n’est pas en reste en termes d’archéologie et de nature ! La preuve en deux exemples, que nous avons expertisé pour vos beaux yeux (et surtout les nôtres) 🙂

Les ruines de Kuelap
Ce site archéologique majeur et pourtant inconnu au bataillon est perché à 3000m d’altitude au sud-ouest de Chachapoyas. La civilisation éponyme à érigé cette immense ville fortifiée à partir du 6e siècle, avant d’être envahie par les Incas à la fin du 15e siècle, puis massacrée par les conquistadors au 16e siècle.

Aujourd’hui subsistent quelques maisons circulaires, d’imposants ossuaires et même quelques bâtiments incas (qui eux sont rectangulaires). Au sommet de la montagne et sous le soleil, c’est un grand plaisir de se promener dans ces ruines et de surplomber les vallées à l’entour !

Et contrairement à une autre cité perdue que vous connaissez sûrement, il y a beaucoup moins de monde 🙂

Les chutes de Gocta
Qui croirait que dans les montagnes du nord se cache une cascade de calibre international ? Personne, à part peut-être Stefan Ziemendorff, un allemand qui l’a découverte, cartographiée et mesurée en 2005. Verdict : 771m de haut, et non moins que la cinquième position mondiale !

Et mazette que c’est impressionnant ! On parvient au pied de la cascade après une marche vallonnée de 2h30 depuis le village tout mignon de Cocachimba, ceint d’imposantes montagnes. Notre guide Epifanio est très gentil, mais tient absolument à meubler le moindre instant de silence de notre marche, ce qui est un peu pesant à force… Au moins ça nous aura fait accélérer l’allure ! En cette saison peu humide, le débit de la cascade est faible, et le spectacle du flux d’eau qui se vaporise et se laisse déporter par le vent est parfaitement hypnotisant ! On se fait même un peu mouiller sous cette chute dont on ne voit pas le sommet, mais on se dit que ça pourrait être bien pire en saison des pluies !

Mais souvenez-vous : dans la vie, il n’y a pas que les vieux cailloux et les randonnées qui font mal aux jambes, il y a aussi les douceurs éthanoliques de la civilisation humaine ! Si vous êtes de passage en ville, allez tester un Arco Iris (arc-en-ciel) à La Reina comme nous l’avons fait avec Valerie et Daniel, deux adorables berlinois que nous avons rencontrés à Kuélap !

Onze shots, onze saveurs, de la douceur, de l’aigreur, de l’âpreté, beaucoup d’alcool et donc de convivialité ! 🙂

Informations pratiques

  • Dodo : Hostal Amazonas, 50 soles en chambre double, sdb privée
  • Manger : menus à 10 soles au Café Fusiones, bof copieux mais très bons ! Et faites vous plaisir, prenez un brownie et sa boule de glace à la vanille !
  • Boire un coup : La Reina pour l’Arco Iris, 11 shots aromatisés pour 19 soles !
  • Sorties : en gros toutes les agences proposent la même chose, les tours à la journée à Kuelap et Gocta valent respectivement 60 et 40 soles, négociables en package !

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