De la jungle urbaine à l’Amazonie !

Dans le bus de nuit, aux alentours de 22h30, on respire : enfin sortis de Quito, et officiellement en direction de l’Amazonie ! Initialement sur les traces des vétérans de Voyages à Deux Sacs et des Globeblogueurs, on pensait aller vers Tena pour quelques jours de tourisme communautaire dans une tribu indigène. Mais au final, l’appel de la forêt aura été plus fort. Jack London aurait été fier de nous tiens. Sur les conseils de Lucy et Jaimini, un couple d’australiens rencontrés à Otavalo, on s’est fait une virée de 4 jours dans la réserve de Cuyabeno, au nord-est du pays, pour voir de la bestiole !

Jour 1 : premiers pas dans la jungle

Une escale à Lago Agrio à 4h30, un bus surblindé jusqu’à la réserve, on ne vous fait pas un dessin, on arrive complètement morts dans la jungle. Mais on oublie bien vite cette faiblesse passagère devant le décor : des jolies cabanes sur pilotis qui s’alignent sur le bord du fleuve et sous un soleil étincelant, de grands arbres abritant des dizaines de nids de caciques, et surtout, au-delà du camp, l’immensité verte, qui n’attend  que d’être explorée ! Et d’ailleurs, elle va attendre, parce qu’après un excellent petit déjeuner, on nous laisse la matinée pour chiller !

En début d’après-midi, après un excellent déjeuner (spoiler, un pattern s’installe), notre guide Daniel nous emmène en forêt pour la première randonnée ! A ce moment fort chaud de la journée, les bestioles se cachent, mais Daniel a plein de choses à nous raconter : des arbres à caoutchouc, des fourmis mangeables au goût de citron, des couronnes en feuilles de palmier, d’autres fourmis qui peuvent vous tuer si elles vous piquent à dix, un bois qui résonne à des kilomètres, encore d’autres fourmis qui infiltrent et détruisent les colonies de leurs ennemis… Pour les gros animaux, on repassera !

Et non ce n’est pas une façon de parler, on est vraiment repassés, après un (excellent) dîner. On embarque dans une pirogue pour aller traquer le caïman dans la nuit noire ! Et on en voit ! Des petits, cachés sous les branchages ou dans l’eau, mais on en voit ! Et juste après, on se couche satisfaits sous la moustiquaire, enveloppés dans les  bruits de la jungle…

Jour 2 : à l’assaut du fleuve !

Au réveil, ils n’ont pas baissé d’un ton, et pourtant, on a passé une des meilleures nuits de TOUT le voyage ! L’esprit de la jungle, comme l’appelle Daniel…

Aujourd’hui, c’est aventures aquatiques ! En compagnie de quatre jeunes allemands en volontariat à Otavalo, on remonte le fleuve en pirogue, c’est-à-dire CONTRE le courant. Et quand on a totalement laissé tomber le renforcement du haut du corps, on se fatigue super vite ! En plus Daniel nous fait jouer à Tarzan en grimpant aux lianes suspendues au-dessus de la rivière !

Heureusement, nos camarades teutons sont plutôt vigoureux, ce qui permet à Laure de se reposer un peu en douce. 🙂 Et en plus, on fait des petites pauses dans les cours d’eau affluents pour aller à la pêche aux piranhas ! La technique est diaboliquement simple : un petit bout de viande fraîche sur l’hameçon, la canne à l’eau et quelques coups à la surface pour faire croire à un animal qui aurait chu dans la rivière.

Sauf que les poiscailles ne se laissent pas abuser : tous sans exception viennent grignoter la viande à l’hameçon sans mordre, et disparaissent en une fraction de seconde ! Nous repartons donc presque tous broucouilles, seuls Daniel et une des allemandes parviennent à ferrer l’infernal carnivore miniature des eaux amazoniennes…

Le reste de la journée est calme, l’heure à laquelle on était partis étant trop avancée pour voir des animaux. On aperçoit malgré tout quelques hérons, des martins-pêcheurs et même un couple d’aras ararauna ! Le retour suivant le courant est on ne peut plus tranquille : on laisse tomber les rames et on dérive tranquillement, c’est super agréable !

La soirée nous réserve une nouvelle sortie nocturne, cette fois à terre pour observer des invertébrés ! Fourmis, araignées, phasmes, papillons de nuit, on voit plein de choses qui nous font frissonner, et sur le chemin du retour (effectué en file indienne et à l’aveugle parce que ça amusait Daniel), on croise même un serpent rouge à la tête blanche ! Les allemands, jeunes et encore impressionnables, trébuchent et crient, pendant que les Butineurs encaissent stoïquement cette nouvelle epreuve #bulletproof et en fin de soirée tout le monde se retrouve joyeusement autour du dîner, qui est, on vous le donne en mille, EXCELLENT !

Jour 3 : à la poursuite des bébêtes !

LA grosse journée du séjour, celle où s’enfonce au plus profond de la jungle, pour voir le lac, les animaux et les indigènes !
Le départ est à 6h30 du matin, car il faut bien 2h de pirogue pour arriver à la Laguna Grande, le lac au cœur de la réserve Cuyabeno. Sur le chemin, on s’attend à voir plein de bêtes actives au petit matin, mais on n’en voit pas tant que ça : quelques oiseaux et plusieurs hordes de singes (saïmiris, sakis) quand même, ne boudons pas notre plaisir !

On déniche même une poignée de chauves-souris sous un tronc, et un nid de guêpes marcheuses : quand elles sont excitées ou effrayées (par dix touristes qui gueulent tous « MARCHA » en même temps PAR EXEMPLE), elles font vibrer leurs abdomens en rythme, et produisent un bruit qui ressemble terriblement à une troupe de soldats marchant dans du gravier. Super impressionnant ! On fait rapidement trempette dans la lagune en milieu de journée, mais on y reviendra, le meilleur est à venir !

Après le déjeuner au village de la communauté Siona, perdu au fond de l’impénétrable sylve, une indigène nous rejoint pour nous apprendre à faire du pan de yuca, les galettes de manioc qui constituent une des bases de leur alimentation. C’est assez amusant à faire, et impressionnant parce qu’on n’utilise que des ustensiles faits main ! Dans l’ordre : on choisit les tubercules, on épluche, on râpe, on essore dans une presse et on tamise la poudre obtenue ! On la repartit ensuite sur un tiesto, une sorte d’assiette géante en argile (qui peut accessoirement servir de platine de mixage), on laisse cuire et voilà le travail !

Le résultat n’a pas énormément de goût, mais passe très bien avec une salade de crudités et de thon ! 🙂

Et lors de notre sortie dans la jardin, on est même gratifiés d’une observation parfaitement sur-réelle d’un grand ibijau (Nyctibius grandis), oiseau nocturne posté en camouflage sur un tronc d’arbre à seulement quelques mètres de nous !

Après une balade beaucoup trop longue en tongs dans les herbes hautes (merci Daniel, ton sens de l’orientation est donc faillible), Shank s’essaye à la sarbacane, et on reprend le bateau direction la lagune ! On y re-traverse brièvement l’équateur dans l’autre sens, on observe pour la DEUXIEME fois du voyage les célèbres hoatzins, et on flâne dans le décor fantastique du saladero (forêt inondable), des grands arbres à moitié immergés dans le lac !

Et en toute fin d’après-midi, l’inespéré se produit : nos guides débusquent les dauphins d’eau douce au milieu du lac ! Leurs dos gris et roses, et les souffles de leurs évents nous comblent de joie, et on se retrouve dans les meilleures conditions possibles pour observer le coucher de soleil sur le lac, une pure merveille.

Cette fantastique journée ne semble pas vouloir se terminer car sur le (long) chemin de retour dans la nuit, nous sommes gratifiés de quelques caïmans et d’un magnifique boa émeraude, suspendu au-dessus de la rivière ! Après le dîner que vous connaissez et un cocktail de l’amitié servi dans un ananas en feu, on se couche rincés, mais avec des petits animaux plein les yeux !

Jour 4 : adieux à la nature

Dernière nuit enchanteresse, dernier jour dans la jungle… Déjà !

Les hostilités démarrent aux aurores puisqu’à 6h on est déjà dans la pirogue pour la sortie Oiseaux. Apparemment, ils ont autant de mal que nous à se mettre en route le matin, car sur la première heure on a peu de volatiles à se mettre sous la dent : un faucon, un vautour, un colibri et un morpho, qui n’est même pas un oiseau, c’est vous dire !

Mais en deuxième partie, la situation se débloque : deux toucans, un vol d’ibis, et enfin une horde de 40 saïmiris sautant de branche en branche juste au-dessus de notre bateau. On stationne un quart d’heure sous les arbres à les regarder, c’était formidable, comme une immersion dans un documentaire animalier ! 🙂

Après le petit déjeuner qu’on ne présente plus, on est partis pour la dernière randonnée du séjour. Elle rencontre cependant un enthousiasme tout relatif, car seule la moitié de nos camarades allemands et espagnols se joignent à nous. Encore une fois, la fin de matinée ne se prête pas forcément à l’observation d’animaux, mais on voit tout de même encore quelques singes, ainsi que des traces fraîches de jaguar et de cervidé dans la boue !

L’après-midi est entièrement consacrée à du chilling, en mode grosse lecture dans les hamacs ! En ce milieu de festivo, un flot continu de touristes locaux et étrangers se déverse dans le camp, et on est bien contents de réussir à les esquiver ! En soirée, on remonte tristounets dans le bus de nuit vers Quito, qui cette fois ne servira que de tremplin vers le sud de la Sierra !

Informations pratiques
Séjour Amazonie : Cuyabeno River Lodge, 250$ le séjour de 4 jours – 3 nuits, négocié à 240$, tous les repas inclus. A noter qu’il est sûrement possible de négocier encore un peu plus bas car nous étions en pleine période de « festivo » synonyme de prix en hausse !
Ajouter 28$ pour l’aller-retour en bus entre Quito et Puente Cuyabeno, l’entrée de la réserve.

5 Commentaires

  1. Salut !
    Quel superbe séjour en forêt 🙂
    Au final vous avez observé beaucoup de bébêtes, c’est génial.
    Merci pour la mention de vétéran haha, ça nous rajeuni pas.
    Boudiou vous m’avez donné envie de crapahuter dans la jungle.

  2. Hello, merci pour ces infos tres interessantes. Bcp de bonnes choses dans ce site 🙂

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