Entre ciel et vert à San Gil

On sort du désert de la Guajira les lèvres bien gercées et du sable plein les chaussettes, mais heureux ! N’empêche, ce serait bien de redormir dans un vrai lit et de retrouver des climats plus hospitaliers… Ainsi donc, accompagnés de notre trio franco-belge (Manon, Quentin et Martin) et de l’architecte Mickaël, on met le cap sur San Gil !

Parapente et détente à San Gil

Dans le département de Santander, plein sud depuis la péninsule de la Guajira, la ville de San Gil est réputée pour les nombreux sports extrêmes qu’on peut y pratiquer : parapente, rafting, spéléo, saut à l’élastique, tyrolienne, etc. Il faut dire que l’endroit s’y prête : même après une nuit entière dans le bus, les six backpackers somnolents que nous sommes parviennent néanmoins à sortir de leur léthargie pour se coller aux vitres et admirer bouches bées le sublime canyon de Chicamocha.

Après être littéralement tombés sur un hostel inespéré (chambres immenses et lumineuses façon loft pour un prix inouï), on établit le programme. Conscients qu’on court un risque d’overdose d’adrénaline et surtout d’anorexie du porte-feuille, on jette notre dévolu sur une matinée de parapente au-dessus du sublime canyon dont nous avons déjà parlé !

Le jour J, l’humeur n’est pas spécialement au beau fixe, d’abord en raison d’une couverture nuageuse bien trop épaisse et étendue à notre goût. Et surtout, à notre immense déception, il n’y a pas de pesée ! (Pour la petite histoire, on ira quand même se peser à la pharmacie le lendemain. Bilan des courses dans le désordre : et -8kg pour Laure et -5kg pour Shank !) Mais après une petite heure de camionnette, à l’arrivée sur le site, quelques trouées dans les nuages laissent passer les rayons du soleil. Heureusement, car sans soleil, pas de chaleur. Et sans chaleur, pas de courants thermiques ascendants. Et sans courants thermiques ascendants, ben le parapente c’est pas aussi drôle !

Les trois plus légers, Martin et les deux demoiselles, s’élancent les premiers. Après quelques cercles dans le canyon, ils repassent au-dessus de la piste d’atterrissage et partent à l’assaut des hautes crêtes derrière nous. Pour Shank, qui s’envole le dernier, moins de chance : le soleil a complètement disparu, et malgré 45 minutes d’essais acharnés de son pilote, il ne prendra aucun courant chaud et sera contraint d’aller se poser dans le lit de la rivière, quelques centaines de mètres plus bas. Et pourtant, que la montagne est belle ! Et quel sentiment grisant de planer, assis, l’égal des vautours et autres rapaces ! Et en plus, pas de vomito malgré les acrobaties au retour sur terre, tout va bien ! Enfin, en bons français qu’on est, on aurait bien apprécié un peu plus de soleil tout de même ! 🙂

Le reste de notre temps à San Gil sera utilisé à fort bon escient pour traîner avec nos camarades, bloguer, manger des énormes glaces à 2000 pesos, jouer au billard, cuisiner, aller se faire éclater le bide chez Gringo Mike pour fêter 4 mois de voyage (et accessoirement nos 4 ans)… Et sous la tutelle de Manon et Quentin, Laure s’initie même à la fabrication d’attrape-rêves et de mandalas tridimensionnels. D’après les professeurs, les premières œuvres sont très convaincantes et pourraient se vendre très cher : peut-être encore une nouvelle voie à explorer ? 😉

Les villages coloniaux : Barichara et Guane

La ville de San Gil est également une bonne base pour aller explorer les jolis petits villages des alentours. Comme on peut le voir au terminal de bus ou dans tout hostel qui se respecte, ils sont légion : Pinchote, Curiti, mais le champion, le plus mignon, celui qui attire le plus de touristes, c’est bien Barichara.

A une heure de bus de San Gil, ce village est une véritable pépite coloniale, extrêmement agréable à parcourir sous le soleil, depuis son Parque Central de carte postale, ombragé par d’immenses palmiers, rafraîchi par une petite fontaine, sous l’œil bienveillant de l’église de pierre ocre.

Accompagnés de Mickaël, on déambule tranquillement dans ces rues au charme terrifiant, auquel l’industrie cinématographique nationale n’est pas insensible non plus. En effet, un grand nombre de films et de telenovelas sont tournées à Barichara. Le long des pentes pavées s’alignent aussi quelques magasins d’artisanat coloré, ou des épiceries où on peut déguster la spécialité locale, les hormigas culonas : des fourmis à gros abdomen (ha ben oui, vous auriez préféré qu’on dise « gros cul », sauf que scientifiquement c’est pas rigoureux!), grillées et salées. Verdict : vraiment pas terrible…

Depuis Barichara, le Camino Real permet de rallier le minuscule village de Guane en deux heures environ. Le sentier est très agréable, les pierres ocre s’alignant au milieu de la verdure. En plusieurs endroits, on peut s’arrêter pour admirer la vallée du Rio Suarez, avant de déboucher à Guane. Plus modeste que son voisin ultra-populaire, le village n’en reste pas moins une jolie étape à faire avant de retourner sur San Gil !

Prochaine étape : les sommets du département de Boyaca, le village patrimonial de Mongui, et le paysage spectaculaire du paramo de Oceta !

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